Guide trail
Hydratation en trail : combien boire selon la distance
Sur un 20 km comme sur un ultra, la question revient à chaque départ : combien boire, et combien porter jusqu'au prochain ravito ? Voici les repères des études menées sur les traileurs et les ultra-traileurs, et une méthode simple pour remplir ta poche à eau.
Mis à jour le 22 octobre 2026 · Sources en bas de page
Des repères, pas des règles
Les chiffres de ce guide sont des moyennes, à prendre à titre indicatif. Tes besoins réels dépendent de nombreux facteurs propres à chacun : chaleur, humidité, altitude, entraînement, acclimatation, alimentation, tenue, état de santé. Sers-t'en comme point de départ, écoute tes sensations et ajuste au fil de tes sorties.
Ce que disent les études sur les traileurs
Sur la Western States, ultra californien de 161 km courant jusqu'à 39 °C, deux tiers des coureurs buvaient à la soif et finissaient en moyenne avec 2 à 3 % de poids en moins2. Sur l'UTMB, les coureurs qui buvaient à la soif n'avaient ni plus ni moins d'anomalies de sodium que les autres4. Le message des études est clair : en trail, le danger vient autant de trop boire que de pas assez.
Combien boire selon la distance
Le repère général est de 0,4 à 0,8 L par heure, à ajuster à ta transpiration5, et de 450 à 750 mL/h en ultra1. Appliqué à des durées typiques de coureur amateur, cela donne :
| Format | Durée indicative | Par heure | Sur la course |
|---|---|---|---|
| Trail court (≈ 20 km) | 2 à 3 h | 0,4–0,8 L | 0,8–2,4 L |
| Trail moyen (≈ 30 km) | 3 à 5 h | 0,4–0,8 L | 1,2–4 L |
| Trail long (≈ 50 km) | 6 à 9 h | 0,4–0,8 L | 2,4–7 L |
| Ultra (80 km et plus) | 12 h et plus | 0,45–0,75 L | 5,4 L et plus |
Vise le bas de la fourchette au frais et à allure tranquille, le haut à la chaleur, en montée raide ou si tu es grand gabarit. Pour un chiffre adapté à toi, utilise le calculateur d'hydratation (activité « Trail » ou « Ultra-trail »), ou mieux, mesure ton taux de sudation.
Combien porter entre deux ravitos
Ce qu'il faut porter dépend du temps entre deux points d'eau, pas de la distance totale :
Volume à porter = ton débit (L/h) × temps jusqu'au prochain ravito (h) + une marge
Exemple : 0,6 L/h et 2 h 30 jusqu'au prochain ravito → 1,5 L, plus 0,3 à 0,5 L de marge pour une montée plus lente que prévu ou une hausse de température. Une poche de 2 L suffit.
Le temps entre deux ravitos s'allonge souvent en montagne : compte-le à partir de ton allure en côte, pas de ton allure moyenne. Et n'oublie pas qu'au-delà d'environ 1 à 1,2 L par heure, l'estomac ne suit plus6 : boire beaucoup d'un coup au ravito ne remplace pas une hydratation régulière.
Boire à la soif ou suivre un plan
- Sur les formats courts, au frais : la soif suffit en général pour les efforts de moins d'1 h à 1 h 307.
- Au-delà de 90 minutes, surtout à la chaleur : un plan basé sur ton débit de sueur aide à rester sous 2 % de perte7, seuil au-delà duquel l'endurance peut baisser8.
- Dans tous les cas : ne jamais finir plus lourd qu'au départ7. Boire durablement plus que ses pertes est la première cause d'hyponatrémie d'effort9.
Bonne nouvelle pour les traileurs : en course réelle, la tolérance est plus large qu'en laboratoire. Une perte allant jusqu'à environ 4 % ne semble pas dégrader la performance en conditions extérieures10, et les coureurs les plus rapides des ultras perdent souvent plus de 2 %2.
Sodium et glucides en trail
- Sodium : en ultra, la Société internationale de nutrition du sport recommande des boissons plus salées que la plupart des boissons du commerce, avec plus de 575 mg de sodium par litre1. La sueur contient en moyenne 0,2 à 1,6 g de sodium par litre, très variable selon les personnes11.
- Glucides : utiles dès environ 1 h, jusqu'à environ 60 g/h pour 2 à 3 h de course et environ 90 g/h sur les ultras, si ton estomac le tolère12. À tester à l'entraînement, jamais pour la première fois en course.
Le sel ne protège pas d'une surhydratation
Les compléments de sodium ne suffisent pas à éviter l'hyponatrémie si l'on boit trop13. La première protection reste de ne pas boire au-delà de ses pertes.
Chaleur, dénivelé, altitude
- Chaleur : la température, l'humidité, le soleil et l'absence de vent augmentent nettement la transpiration à effort égal14. Sur la Western States, l'hyponatrémie était aussi plus fréquente les années chaudes3.
- Dénivelé : une longue montée au soleil, c'est plus de chaleur produite et une allure plus lente, donc plus de temps entre deux points d'eau.
- Altitude : l'air froid et sec et la respiration accélérée augmentent les pertes d'eau invisibles15. On transpire moins visiblement, mais on perd quand même.
Sache ce qu'il reste dans ta poche
Flwid se fixe sur le tube de ta poche à eau et affiche en temps réel ce que tu as bu et ce qu'il te reste. Tu sais si tu tiendras jusqu'au prochain ravito, sans retirer ton sac.
Questions fréquentes
Combien boire pour un trail de 20 km ?
Pour 2 à 3 h de course, compte en général 0,4 à 0,8 L par heure, soit environ 0,8 à 2,4 L au total5, à moduler selon la chaleur et ta transpiration. Au frais et sur un format rapide, boire à la soif peut suffire7.
Poche à eau ou flasques ?
Les flasques sont pratiques sur les formats courts et pour doser deux boissons différentes. La poche à eau emporte plus de volume (1,5 à 3 L) pour les longues sections sans ravitaillement, mais on ne voit pas ce qu'il reste dedans : c'est précisément ce que Flwid mesure.
Faut-il boire avant d'avoir soif ?
Sur les efforts courts et au frais, la soif est un bon guide. Au-delà de 90 minutes et à la chaleur, un plan aide, car la soif s'apaise souvent avant que les pertes soient compensées7. Dans tous les cas, sans dépasser ce que tu transpires.
Pour aller plus loin
Sources
- Tiller NB et al. International Society of Sports Nutrition Position Stand: nutritional considerations for single-stage ultra-marathon training and racing. J Int Soc Sports Nutr, 2019. doi.org/10.1186/s12970-019-0312-9
- Hoffman MD, Stuempfle KJ. Research in Sports Medicine, 2014. doi.org/10.1080/15438627.2014.915838
- Hoffman MD, Hew-Butler T, Stuempfle KJ. Medicine & Science in Sports & Exercise, 2013. doi.org/10.1249/MSS.0b013e31827985a8
- Coulomb R et al. Clinical Journal of Sport Medicine, 2024. doi.org/10.1097/JSM.0000000000001266
- Sawka MN et al. (American College of Sports Medicine). Exercise and fluid replacement. Med Sci Sports Exerc, 2007. doi.org/10.1249/mss.0b013e31802ca597 — repère 0,4–0,8 L/h repris par Armstrong LE, Nutrients, 2021. doi.org/10.3390/nu13030887
- Lambert GP et al. Simultaneous determination of gastric emptying and intestinal absorption during cycle exercise in humans. Int J Sports Med, 1996. doi.org/10.1055/s-2007-972807 — Mitchell JB, Voss KW. The influence of volume on gastric emptying and fluid balance during prolonged exercise. Med Sci Sports Exerc, 1991. doi.org/10.1249/00005768-199103000-00009
- Kenefick RW. Drinking Strategies: Planned Drinking Versus Drinking to Thirst. Sports Medicine, 2018. doi.org/10.1007/s40279-017-0844-6
- Cheuvront SN, Kenefick RW. Dehydration: physiology, assessment, and performance effects. Comprehensive Physiology, 2014. doi.org/10.1002/cphy.c130017
- Hew-Butler T et al. Statement of the Third International Exercise-Associated Hyponatremia Consensus Development Conference. Clin J Sport Med, 2015. doi.org/10.1097/JSM.0000000000000221
- Goulet ED. British Journal of Sports Medicine, 2013. doi.org/10.1136/bjsports-2012-090958
- Baker LB. Sweating Rate and Sweat Sodium Concentration in Athletes. Sports Medicine, 2017. doi.org/10.1007/s40279-017-0691-5
- Jeukendrup A. Sports Medicine, 2014. doi.org/10.1007/s40279-014-0148-z
- Bennett BL et al. Wilderness Medical Society Clinical Practice Guidelines for the Management of Exercise-Associated Hyponatremia: 2019 Update. Wilderness Environ Med, 2020. doi.org/10.1016/j.wem.2019.11.003
- Baker LB. Physiology of sweat gland function. Temperature, 2019. doi.org/10.1080/23328940.2019.1632145
- Karpęcka-Gałka E, Frączek B. Frontiers in Sports and Active Living, 2024. doi.org/10.3389/fspor.2024.1435494
Ces informations sont générales et indicatives : elles ne tiennent pas compte de ta situation personnelle et ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.